En France, plus d’une entreprise sur deux dotée d’un CSE n’aurait organisé aucune formation obligatoire pour ses élus, illustrant des situations de formation obligatoire CSE non faite, selon une étude de la Dares.
Ce chiffre, aussi surprenant que préoccupant, illustre une réalité que beaucoup de DRH et de dirigeants découvrent trop tard : la formation obligatoire CSE non faite n’est pas une simple irrégularité administrative. Elle expose l’entreprise à des sanctions pénales, à des contentieux prud’homaux et à une fragilisation durable du dialogue social. Voici ce que vous devez savoir pour évaluer votre niveau de conformité et anticiper les risques.
Formation obligatoire du CSE non effectuée (formation obligatoire CSE non faite) : quels sont les risques réels pour l’employeur en 2027 ?
Temps de lecture : ~7 min – Sommaire
- Quelles formations CSE sont réellement obligatoires ?
- Qui porte l’obligation : l’élu ou l’employeur ?
- Formation obligatoire CSE non faite : les risques concrets pour l’employeur
- Les scénarios les plus fréquents de non-conformité
- Comment se mettre en conformité rapidement
- FAQ
- Formation obligatoire du CSE non réalisée : l’essentiel à retenir
Quelles formations CSE sont réellement obligatoires ?
Deux formations distinctes sont encadrées par le Code du travail et s’imposent dès la mise en place d’un CSE.

Formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT)
La première est la formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT), prévue à l’article L.2315-18 du Code du travail. Elle concerne tous les membres du CSE, titulaires comme suppléants, dans toutes les entreprises disposant d’un comité social et économique, c’est-à-dire dès 11 salariés. Sa durée minimale est de trois jours pour chaque membre de la délégation du personnel, et de cinq jours pour les membres de la CSSCT dans les entreprises de 300 salariés et plus. Cette formation est renouvelable à chaque mandat.
Formation économique
La seconde est la formation économique, prévue à l’article L.2315-63 du Code du travail. Elle ne s’applique qu’aux entreprises d’au moins 50 salariés et concerne uniquement les membres titulaires du CSE. Sa durée maximale est de cinq jours par mandat. Elle est renouvelable tous les quatre ans.
Ces deux formations répondent à des logiques différentes : la formation SSCT vise à permettre aux élus d’exercer leurs missions de prévention des risques professionnels, tandis que la formation économique leur donne les outils pour analyser la situation financière de l’entreprise et participer utilement aux consultations obligatoires.
| Type de formation | Entreprises concernées | Public visé | Durée prévue | Financement principal |
|---|---|---|---|---|
| Formation SSCT | À partir de 11 salariés avec CSE | Membres du CSE (titulaires et suppléants) et membres de la CSSCT | 3 jours pour chaque membre du CSE, 5 jours pour les membres de la CSSCT dans les entreprises de 300 salariés et plus | Employeur (dans la limite du plafond légal, frais de transport inclus) |
| Formation économique | À partir de 50 salariés | Membres titulaires du CSE | Jusqu’à 5 jours par mandat, renouvelable tous les 4 ans | Budget de fonctionnement du CSE, sauf accord prévoyant une prise en charge par l’employeur |
Qui porte l’obligation : l’élu ou l’employeur ?
C’est l’un des points les plus mal compris par les directions des ressources humaines. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, aucune obligation juridique directe de se former ne pèse sur l’élu CSE. C’est l’employeur qui est tenu d’organiser et de permettre l’accès à ces formations dès lors que les élus en font la demande.
Demande et délai
Concrètement, cela signifie que si un élu ne demande pas sa formation, l’employeur n’est pas automatiquement en faute. En revanche, dès qu’une demande est formulée dans les règles, l’employeur doit y répondre favorablement, sauf motif sérieux lié au fonctionnement de l’entreprise. La demande de congé de formation doit être adressée par écrit au moins trente jours avant le début du stage, en précisant l’organisme, les dates, la durée et le coût.
Financement et choix de l’organisme
Sur la question du financement, la répartition est claire. La formation SSCT est intégralement prise en charge par l’employeur, dans la limite d’un plafond fixé à 36 fois le SMIC horaire par stagiaire et par jour (article R.2315-21 du Code du travail). Les frais de transport sont également à la charge de l’employeur. La formation économique, quant à elle, est en principe financée sur le budget de fonctionnement du CSE, sauf accord d’entreprise prévoyant une prise en charge par l’employeur.
Le choix de l’organisme appartient aux élus, et non à l’employeur. Ce dernier ne peut pas imposer un prestataire, à condition que l’organisme soit agréé lorsque la réglementation l’exige.
Formation obligatoire CSE non faite : les risques concrets pour l’employeur
C’est ici que les conséquences deviennent tangibles et que la vigilance s’impose.
Le délit d’entrave au fonctionnement du CSE
Le risque juridique le plus direct est la qualification de délit d’entrave. Lorsqu’un employeur ne permet pas aux élus de bénéficier des formations auxquelles ils ont droit, ou lorsqu’il refuse sans motif sérieux une demande de congé de formation régulièrement formulée, il peut être poursuivi pour entrave au fonctionnement du CSE. Ce délit est pénalement sanctionné : il expose le dirigeant à une amende pénale, voire à des peines complémentaires selon les circonstances. L’inspection du travail peut dresser un procès-verbal et engager des poursuites devant le tribunal correctionnel.
Le contentieux prud’homal
Un élu dont le droit à la formation n’a pas été respecté peut saisir le conseil de prud’hommes pour faire valoir ses droits et obtenir des dommages et intérêts. Ce type de contentieux est d’autant plus difficile à défendre pour l’employeur qu’il ne dispose d’aucune trace d’organisation, de proposition ou de refus motivé.
L’aggravation du risque en cas d’accident du travail
Un défaut de formation SSCT peut être retenu à charge de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Si les élus n’ont jamais été formés à l’identification des risques et aux missions de prévention, l’entreprise s’expose à une requalification en faute inexcusable, avec des conséquences financières considérables. Ce lien entre formation non réalisée et responsabilité de l’employeur en matière de sécurité est un argument que les avocats de salariés mobilisent de plus en plus fréquemment.
Le risque social et opérationnel
Au-delà des sanctions juridiques, des élus non formés exercent leurs mandats sans maîtriser leurs prérogatives. Ils participent à des consultations sans comprendre les documents financiers, ils ne savent pas identifier les risques professionnels à signaler, et ils ne peuvent pas jouer pleinement leur rôle d’interface entre la direction et les salariés. Le dialogue social s’en trouve affaibli, ce qui génère des tensions et des incompréhensions qui auraient pu être évitées.
Les scénarios les plus fréquents de non-conformité
Quatre situations reviennent régulièrement dans les entreprises qui découvrent un écart de conformité.

Formation SSCT jamais organisée
Le premier cas est celui de la formation SSCT jamais organisée depuis la mise en place du CSE. Les élus ont été renouvelés, parfois plusieurs fois, sans qu’aucune formation n’ait été proposée ou planifiée.
Titulaires non informés du droit à la formation économique
Le deuxième cas concerne les entreprises de plus de 50 salariés dont les titulaires n’ont jamais été informés de leur droit à cinq jours de formation économique. L’information n’a pas circulé, et personne n’a formulé de demande faute de la connaître.
Refus injustifié de congé
Le troisième cas est celui du refus injustifié de congé. L’élu a respecté le délai de trente jours et fourni toutes les informations requises, mais l’employeur a refusé sans motif sérieux, voire n’a pas répondu dans les délais.
Formations réduites à une ou deux journées
Le quatrième cas est plus insidieux : l’entreprise organise des formations, mais les réduit systématiquement à une ou deux journées, sans accord collectif ni justification, alors que la loi prévoit un minimum de trois à cinq jours selon le contexte.
Pourquoi la formation obligatoire CSE non faite est un signal d’alerte pour l’entreprise
Une formation obligatoire CSE non faite révèle souvent un déficit plus large dans la gestion des obligations sociales de l’entreprise. Elle traduit un manque d’anticipation sur la prévention des risques professionnels, une information insuffisante des élus sur leurs droits et, parfois, une sous-estimation des enjeux du dialogue social. À moyen terme, cette situation fragilise la capacité de l’entreprise à gérer les réorganisations, à prévenir les conflits collectifs et à sécuriser ses décisions face aux contrôles de l’administration ou aux contentieux.
Comment se mettre en conformité rapidement
Voici les étapes concrètes pour régulariser la situation et éviter que le problème ne se reproduise.

- Vérifier l’effectif de l’entreprise pour identifier les obligations applicables (formation SSCT dès 11 salariés, formation économique dès 50 salariés pour les titulaires).
- Recenser les élus en poste et vérifier si chacun a bénéficié de la formation SSCT depuis le début de son mandat en cours.
- Pour les entreprises de 50 salariés et plus, informer les titulaires de leur droit à la formation économique et anticiper l’inscription dans le budget de fonctionnement du CSE.
- Mettre en place une procédure interne claire pour traiter les demandes de congé de formation (modèle de courrier, délais de réponse, validation RH).
- Travailler avec des organismes agréés pour les formations SSCT, afin de garantir la validité réglementaire des stages réalisés.
La formation CSE et SSCT proposée par Estim Formation répond à ces exigences réglementaires avec des programmes adaptés à la taille de l’entreprise et au niveau des élus, qu’il s’agisse d’un premier mandat ou d’un renouvellement.
Pour les titulaires souhaitant approfondir leur compréhension des enjeux économiques de l’entreprise, la formation économique des membres du CSE complète ce dispositif.
Les entreprises qui souhaitent structurer leur démarche globale peuvent également consulter l’espace dédié aux formations CSE et CSSCT pour obtenir un accompagnement sur mesure.
FAQ
Que risque concrètement un employeur si la formation SSCT n’a jamais été organisée ?
L’employeur s’expose à une qualification de délit d’entrave au fonctionnement du CSE, une infraction pénale passible d’amende. Il peut également faire face à un contentieux prud’homal si un élu décide de faire valoir son droit à la formation devant le conseil de prud’hommes. En cas d’accident du travail survenu dans une entreprise où les élus n’ont jamais été formés à la prévention des risques, le défaut de formation peut être retenu comme élément aggravant dans la mise en cause de la responsabilité de l’employeur.
Un élu peut-il être contraint de suivre la formation obligatoire CSE ?
Non. L’obligation juridique de permettre et d’organiser la formation pèse sur l’employeur, pas sur l’élu. Si un élu ne demande pas à bénéficier de sa formation, l’employeur n’est pas directement sanctionnable pour ce seul fait. En revanche, dès qu’une demande est formulée dans les formes et les délais prévus par la loi, l’employeur ne peut pas s’y opposer sans motif sérieux lié au fonctionnement de l’entreprise.
La formation économique CSE est-elle obligatoire dans toutes les entreprises ?
Non. La formation économique est réservée aux membres titulaires du CSE dans les entreprises d’au moins 50 salariés. Elle n’est pas requise dans les entreprises dont l’effectif est compris entre 11 et 49 salariés. En revanche, la formation SSCT, elle, est obligatoire dans toutes les entreprises dotées d’un CSE, quelle que soit leur taille.
Peut-on reporter la formation SSCT à la fin du mandat ?
Rien dans les textes n’interdit formellement un report, mais cette pratique est déconseillée pour deux raisons. D’abord, les élus exercent leurs missions de prévention dès le début de leur mandat, et une formation tardive ne leur permet pas de jouer pleinement leur rôle. Ensuite, en cas de contrôle ou de contentieux, un employeur qui a systématiquement repoussé les formations aura du mal à démontrer sa bonne foi. La bonne pratique consiste à planifier la formation dans les premiers mois suivant l’élection.
Formation obligatoire du CSE non réalisée : l’essentiel à retenir
La formation obligatoire du CSE non réalisée est loin d’être une formalité sans conséquence. Entre le risque de délit d’entrave, les contentieux prud’homaux, l’exposition accrue en cas d’accident du travail et l’affaiblissement du dialogue social, les enjeux sont réels et documentés. La conformité sur ce sujet ne demande pas de moyens considérables : elle demande surtout une organisation rigoureuse, une information claire des élus sur leurs droits et un partenaire de formation fiable.
Pour aller plus loin et structurer votre dispositif, consultez l’accompagnement opérationnel proposé par Estim Formation pour les CSE et CSSCT.
