Au sein d’un comité social et économique, le trésorier occupe une place centrale qui dépasse largement la simple tenue de livres de comptes. Il est l’élu garant de la bonne santé financière du comité, de la rigueur des dépenses et de la transparence vis-à-vis des salariés. Pourtant, ce rôle reste souvent mal compris, voire sous-estimé, par ceux qui l’assument pour la première fois. Cet article détaille les missions, les responsabilités et les compétences attendues du trésorier du CSE, ainsi que les raisons pour lesquelles se former reste la meilleure façon d’exercer cette fonction avec sérénité.
Le rôle du trésorier du CSE : bien plus qu’un simple comptable
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Qu’est-ce que le trésorier du CSE ?
Statut et désignation du trésorier du CSE
Le trésorier du CSE est un membre élu du comité social et économique, désigné parmi les élus titulaires lors de la première réunion qui suit les élections professionnelles. Il n’est pas nommé par l’employeur et n’a pas de lien hiérarchique avec lui sur ce sujet : il agit dans l’intérêt exclusif du comité et des salariés qu’il représente.
Sa mission principale consiste à gérer l’ensemble des ressources financières du CSE. Concrètement, il pilote deux budgets distincts : le budget de fonctionnement, destiné à couvrir les dépenses liées à l’activité du comité (expertises, formations des élus, frais de fonctionnement), et le budget des activités sociales et culturelles (ASC), qui finance les avantages accordés aux salariés (chèques-vacances, sorties, billetterie, etc.). Ces deux enveloppes sont étanches l’une de l’autre et obéissent à des règles d’utilisation strictes.
Le trésorier travaille en lien étroit avec le secrétaire du CSE et le président du comité. Il est souvent accompagné d’un trésorier adjoint, dont le rôle est d’assurer la continuité en cas d’absence ou de départ en cours de mandat.
Les missions du trésorier du CSE
Les principales missions quotidiennes
Les missions du trésorier couvrent l’ensemble du cycle financier du comité, de l’ouverture des comptes bancaires jusqu’à la clôture annuelle et à la passation avec son successeur.
Il élabore et suit les budgets en lien avec les décisions prises en réunion plénière. Il enregistre toutes les opérations comptables, rapproche les relevés bancaires, classe les justificatifs et s’assure que chaque dépense correspond bien à une décision collective du comité. Il gère les flux financiers au quotidien : encaissement des subventions versées par l’employeur, règlement des prestataires, remboursements aux salariés bénéficiaires des ASC.
Il prépare également les documents de synthèse nécessaires à la présentation des comptes aux élus et aux salariés. Selon la taille du CSE, cette présentation peut prendre la forme d’un rapport de gestion simplifié ou d’un rapport complet soumis à approbation. En fin de mandat, il organise la passation avec le nouveau trésorier élu, en s’assurant que les comptes sont à jour et que tous les documents sont transmis en bonne et due forme.
Une mission souvent négligée mais tout aussi importante est l’anticipation des difficultés de trésorerie. Le trésorier doit surveiller les décalages entre les encaissements et les dépenses prévues, alerter le comité si une tension financière se profile, et proposer des ajustements budgétaires si nécessaire.
Obligations légales et transparence financière
Obligations comptables et transparence
Le Code du travail impose au CSE des obligations de transparence financière dont la portée varie selon la taille du comité. On distingue généralement trois catégories : les petits CSE (dont les ressources annuelles sont inférieures à 153 000 euros), les CSE de taille intermédiaire et les grands comités.
Les petits CSE peuvent tenir une comptabilité ultra-simplifiée, avec un livre de recettes et de dépenses. Les comités de taille intermédiaire doivent établir des comptes annuels selon des règles plus structurées. Les grands CSE (ressources supérieures à 153 000 euros) sont soumis à des obligations comptables comparables à celles d’une entreprise, avec certification des comptes par un commissaire aux comptes.
| Catégorie de CSE | Ressources annuelles | Type de comptabilité |
|---|---|---|
| Petit CSE | Ressources inférieures à 153 000 € | Comptabilité ultra-simplifiée (livre de recettes et de dépenses) |
| CSE de taille intermédiaire | Autour du seuil de 153 000 € | Comptes annuels établis selon des règles plus structurées |
| Grand CSE | Ressources supérieures à 153 000 € | Obligations comptables comparables à celles d’une entreprise, avec certification par un commissaire aux comptes |
C’est le trésorier qui veille à l’application de ces règles, en lien éventuel avec un expert-comptable mandaté par le comité. Il doit également s’assurer que les comptes annuels sont présentés et approuvés par les élus, puis portés à la connaissance des salariés selon les modalités prévues par le Code du travail. Cette obligation de communication n’est pas optionnelle : elle conditionne la légitimité de la gestion du comité.

Responsabilités du trésorier, y compris pénales
Le trésorier du CSE n’est pas un simple exécutant. Il engage sa responsabilité personnelle dans l’exercice de ses fonctions. En cas de gestion irrégulière, de détournement de fonds, d’utilisation abusive du budget ASC à des fins non conformes ou de manquement aux obligations comptables, sa responsabilité civile peut être engagée devant les tribunaux.
Dans les cas les plus graves (détournement, abus de confiance, présentation de comptes frauduleux), la responsabilité pénale du trésorier peut également être recherchée. Ces situations restent rares, mais elles rappellent que la fonction de trésorier n’est pas anodine. L’élu qui l’accepte doit en mesurer pleinement les enjeux.
Il est également important de souligner que la responsabilité de l’employeur peut être engagée s’il n’a pas versé les subventions légalement dues au comité. Le trésorier joue un rôle de vigie à ce titre : il vérifie que les montants versés correspondent bien aux obligations légales, notamment en calculant correctement l’assiette des subventions de fonctionnement et des ASC.
Les compétences indispensables pour tenir ce rôle
Exercer les fonctions de trésorier d’un CSE ne requiert pas de diplôme comptable, mais suppose un ensemble de compétences pratiques et comportementales que tout élu peut acquérir ou renforcer.
Sur le plan technique, le trésorier doit être capable de lire et d’interpréter des documents comptables, de suivre un budget sur tableur ou logiciel dédié, de calculer les subventions légales dues par l’employeur et de préparer un rapport financier clair et lisible. Il doit également connaître les règles d’utilisation des deux budgets (fonctionnement et ASC) et savoir distinguer les dépenses éligibles des dépenses interdites.
Sur le plan organisationnel, il doit être rigoureux dans le classement des pièces justificatives, régulier dans le suivi des comptes et proactif dans la détection des anomalies. Sur le plan relationnel, il doit savoir présenter les comptes de façon pédagogique devant les élus et les salariés, répondre aux questions sans se défausser, et travailler en confiance avec les autres membres du bureau.
Ces compétences ne s’improvisent pas, surtout pour un élu qui n’a pas de formation comptable ou financière initiale. C’est précisément pourquoi la formation joue un rôle déterminant.

Pourquoi se former pour exercer le rôle de trésorier du CSE
La formation spécifique au rôle de trésorier du CSE n’est pas une obligation légale en tant que telle. En revanche, la formation économique des membres du CSE, d’une durée pouvant aller jusqu’à cinq jours, est obligatoire pour les élus titulaires, sur la base de l’article L.2315-63 du Code du travail. Cette formation économique constitue un socle utile, mais elle ne couvre pas l’ensemble des compétences spécifiques attendues d’un trésorier.
Se former spécifiquement à la gestion financière du CSE permet de prendre son poste avec méthode, d’éviter les erreurs comptables qui peuvent exposer le comité à des difficultés juridiques, et de gagner en crédibilité auprès des élus et des salariés. Un trésorier formé sait comment calculer les subventions, comment présenter les comptes annuels, comment anticiper une tension de trésorerie et comment organiser la passation en fin de mandat.
Chez Estim Formation, les formations dédiées aux membres du CSE et à la CSSCT sont conçues pour répondre aux besoins concrets des élus en début de mandat comme en renouvellement. Les programmes intègrent les obligations légales en vigueur, les outils de gestion adaptés à la taille du comité et des mises en situation pratiques. La formation économique des membres du CSE est également disponible pour les élus qui souhaitent consolider leur compréhension de l’environnement économique de leur entreprise, compétence directement utile au trésorier lorsqu’il analyse les ressources du comité.
Pour les entreprises qui souhaitent organiser ces formations en interne ou pour un groupe d’élus, une ingénierie pédagogique sur mesure est possible, avec des contenus adaptés au secteur d’activité, à la taille du CSE et aux enjeux spécifiques du comité.
FAQ
Le trésorier du CSE peut-il être un élu suppléant ?
En principe, le bureau du CSE (président, secrétaire, trésorier) est composé d’élus titulaires. Toutefois, les textes n’interdisent pas formellement à un suppléant d’être désigné trésorier si le règlement intérieur du comité le prévoit. Il est recommandé de vérifier les dispositions du règlement intérieur du CSE et, en cas de doute, de consulter un juriste spécialisé en droit social.
Que se passe-t-il si le trésorier du CSE démissionne en cours de mandat ?
Si le trésorier quitte ses fonctions avant la fin du mandat, le CSE doit procéder à une nouvelle désignation lors d’une réunion plénière. Le trésorier sortant est tenu d’assurer une passation rigoureuse : remise des documents comptables, état des comptes bancaires, liste des engagements en cours et des contrats actifs. Une passation mal préparée peut exposer le comité à des difficultés de gestion et, dans certains cas, à des litiges.
La formation économique du CSE couvre-t-elle les compétences du trésorier ?
La formation économique obligatoire des membres du CSE apporte une culture générale sur le fonctionnement économique et financier de l’entreprise. Elle est utile au trésorier pour comprendre le contexte dans lequel évolue le comité, mais elle ne remplace pas une formation dédiée à la gestion financière du CSE. Les programmes spécifiques au rôle de trésorier abordent des sujets plus opérationnels : tenue de la comptabilité, calcul des subventions, présentation des comptes, outils de suivi budgétaire et obligations de transparence selon la taille du comité.
Le trésorier du CSE peut-il déléguer ses missions à un prestataire extérieur ?
Le trésorier peut s’appuyer sur un expert-comptable pour la tenue des comptes et la préparation des documents annuels, notamment dans les comités soumis à des obligations comptables renforcées. En revanche, la responsabilité de la gestion financière reste celle du trésorier élu : il ne peut pas déléguer sa responsabilité personnelle à un tiers. Il doit valider les documents produits, les comprendre et les assumer devant le comité et les salariés.
Le trésorier du CSE, un rôle clé à préparer
Le trésorier du CSE est bien plus qu’un gestionnaire de budget : il est le garant de la crédibilité financière du comité et, par extension, de la confiance que les salariés accordent à leurs représentants. Ses responsabilités sont réelles, ses obligations légales précises et ses compétences attendues sont larges. Se former avant ou dès le début du mandat est la meilleure façon d’aborder cette fonction avec sérénité et efficacité.
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